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histoire

Préhistoire

La région est occupée par l'homme très anciennement. Elle était habitée au Néolithique comme en témoignent des vestiges de son occupation qui ont été découverts au Monte Revincu dans les Agriates, ou encore au IIe millénaire avant J.C. comme l'attestent les peintures rupestres de la grotte Grotta Scritta à Olmeta-du-Cap, et probablement antérieurement (au IIIe à Cucuruzzu, au Ve pour Filitosa).

Antiquité

Les premiers contacts antiques avec les civilisations extérieures se firent, dans le Nebbio, par un faible commerce avec les navigateurs méditerranéens qu'étaient les Phéniciens (importateurs du pin d'Alep dans la région), les Grecs, les Étrusques et les Carthaginois. Les autochtones conservèrent une vie héritée de l'âge du fer.

Lorsqu'ils envahirent la Corse en 260 av. J.-C., les Romains eurent maille à partir avec la population du Nebbio, qu'ils nommaient les Nebolenses. Parmi les nombreuses batailles, la légende a retenu celle dite 'du champ des myrtes', près de Mortella, dans les Agriates : les troupes du centurion Caius Papirius infligèrent une lourde perte aux 'Korsi'. La découverte de tombes et d'armes romaines semble corroborer la tradition.

Plus d'un siècle après, la pax romana s'était imposée en Corse et le Nebbio semble avoir fait partie de la colonie de Mariana (au sud de Bastia). Les villes ou villages antiques de la région semblent avoir été les suivants :

  •     Lourinon (ou Turrinon), nom cité par Ptolémée : la ville, vraisemblablement située près de l'actuelle église Saint Michel de Murato, devait constituer la capitale des autochtone au IIe siècle av. J.-C. ;
  •     Cersunum : près de l'emplacement de l'actuelle cathédrale de Saint-Florent, et qui prit le nom de Nebbiu ;
  •     Civitas Canelata : site de l'actuel village de Canari ;
  •     Nuntia : site antique de l'actuel Nonza.
  •     Nebbio qui fut l'objet de fouilles archéologiques fortuites au XVIe siècle. Les restes visibles de cette ville ont été signalés par Giustiniani, puis le chroniqueur Ceccaldi décrivit la découverte, en 1553, d'une nécropole constituée de vases emplis d'ossements, sous le site de construction de la citadelle.


La campagne de la plaine fut l'objet d'une importante exploitation agricole. Sur ces domaines furent d'ailleurs bâties de grandes villae dont on retrouve aujourd'hui les ruines (thermes de Curone à Olmeta-di-Tuda, tombes de Vallecalle, etc.).
Lors de la christianisation de l'île, le Nebbio se constitua en diocèse, et la construction de chapelles prédisposait au futur découpage administratif en pièves. Les Vandales, lorsqu'ils envahirent la Corse, importèrent l'arianisme et furent sans doute les auteurs du martyr des deux saints locaux. Saint Florent serait un des 46 évêques d'Afrique exilés par le synode de Carthage vers la Corse. À sa mort dans le Nebbio, il donnera son nom à la future ville construite dans la Conca d'Oro. Sainte Julie était une jeune Carthaginoise qui refusa d'abjurer sa foi chrétienne, lors d'un débarquement à Nonza, pendant une fête païenne. Elle mourut crucifiée après de multiple tortures dont la section des seins.

Moyen Âge

Vers 844, Boniface II, marquis de Toscane et tutor Corsicæ, abandonne l'île aux Sarrasins qui pillaient ses côtes depuis 714, et avaient brûlé Nonza en 734, détruit la ville de Nebbio en 824, ...
Au début du XIe siècle la Corse est libérée du joug sarrasin par la coalition pisano-génoise. Le Nebbio vivait sous un régime féodal populaire associant le peuple aux affaires, créé par Ugo Colonna.
En 1077, Grégoire VII confie l'administration de la Corse à l'évêque de Pise. L'île comptait alors 6 diocèses : Aléria, Sagone, Ajaccio, Mariana, Accia et Nebbio. En 1092, le pape Urbain II nomme archevêque Daibertus, évêque de Pise, qui devient métropolitain-suzerain des 6 diocèses corses.
Au XIIe siècle, sollicité par les Génois, en 1123 le pape Innocent II élève à la dignité archiépiscopale dans l'église de Gênes, 3 évêques en Corse, Mariana, Accia et Nebbio. C'est entre 1125 et 1140 que fut construite l'église Santa Maria Assunta plus connue sous le vocable de cathédrale du Nebbio qui se trouve à la limite de St-Florent.
Le Nebbio correspondait à l'ancien diocèse de Saint-Florent. Celui-ci couvrait Santa Giulia, Tenda et Tuda, pievi devenues en 1789 respectivement canton de Nonza, canton de Santo-Pietro-di-Tenda et canton d'Oletta
Les communes du Nebbio étaient les suivantes : Barbaggio, Canari, Farinole, Murato, Nonza, Ogliastro, Olcani, Oletta, Olmeta-du-Cap, Olmeta-di-Tuda, Patrimonio, Piève, Poggio-d'Oletta, Rapale, Rutali, Saint-Florent, San-Gavino-di-Tenda, Santo-Pietro-di-Tenda (dont le village de Casta), Sorio, et Vallecalle.




Temps modernes

 

Le Nebbio était une province génoise composée de cinq pievi : Olmetta, Oletta, Farinole, Santo Pietro, et Santo Quilico, du préside de Saint-Florent où réside le « lieutenant » et de la pieve Patrimonio. Judiciairement, Saint-Florent et Patrimonio relèvent de la juridiction de Bastia. La province du Nebbio régissait outre les 5 pievi précitées, les fiefs de Nonza, Canari et Brando.

 

« La Provincia del Nebbio è separata dalle pievi di Orto, Lota, e Bigorno da una montagna, et alquanti boschi frà quali quello della Stella, e di Giussani, dove sono legnami in gran copia. Dalla parte di Pietralba è separata dal monte Tenda sino alla costiera delle Egriate, quale dura 15 miglia : ove termina col fiume Ostricone. Gira la provincia del Nebbio circa miglie 70 compresa la Costiera della marina.
S.Fiorenzo terra in fine del Golfo di tal nome, della Giurisditione di Nebbio, 5 miglia distante di Farinole, era nè tempi andati assai forte perche munita di mura, e di forte Castello sendovi al presente qualche poche abitazioni con una forte Torre. La Terra è abitata da circa 150 persone, evvi in poca distanza verso ponente all’entrare del Golfo altra Torre della Mortella che serve per guardia del medeme Golfo. Dopo la Mortella, in costiera del mare trovasi la punta della Cavallata, Peralto, la Corsa, la piaggia di Sàlecia, la punta di Mignona, del Trave, del Timone, il Porticiuolo, di Malfalco, Piaggia di Alga, la ponta delle Solche, dell’Aciuolo, la Porragiola, e poi la foce del fiume Ostricone, ove termina la Giurisditione della Bastia. Tutto detto paese nominato delle Egriate, si connumera con il Nebbio, la di cui Cattedrale, et altre Parrochie di quella Giurisditione, vi scodono le entrate loro, e quantonque sia senza abitazioni, pure vi sono tenute, ò pure come dicono què Paesani Prese di terreni di Biade da Balagnini, e Nebiscini coltivate ».



L'évêché de Nebbio couvrait 5 pievi : Canari, Nonza, Patrimonio, Santo Quilico, et Santo Pietro.


L'église Santa Maria Assunta (Église Sainte-Marie) comme on la nomme souvent, est l'ancienne cathédrale de Nebbio. Elle date du XIIIe siècle. L'église servait de cathédrale à l'évêché de Nebbio avant 1789.


En raison de l'insécurité des côtes et de la malaria qui sévissait dans les marécages situés au pied de la butte sur laquelle est construit le monument, celui-ci fut abandonné par les évêques. Au début du XVIe siècle Mgr Giustiniani, évêque du Nebbio, fit réparer et remanier la cathédrale. Malgré ces travaux, en 1576, le monument est encore abandonné. Son clocher est détruit au XIXe siècle suite à une restauration radicale de l'édifice.


En 1611 Mgr Ruscone fait construire un nouveau palais épiscopal près de la cathédrale, palais détruit, puis reconstruit en 1714 par Mgr Aprosio. En 1722 on sait que des travaux de charpente furent effectués. En 1748 la cathédrale et le palais sont occupés par les troupes génoises. Le dernier évêque fut Mgr Santini de 1776 à 1801. À cette date l'évêché est incorporé à celui d'Ajaccio.
La cathédrale est classée Monument historique. 

 

 

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Menhir Pieve

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